Rédigé par Alan dans la rubrique Pont Lasveyras, A.F.A.V
Discours de Nikolina GRIMALT, présidente de l’A.F.A.V. lors de la commémoration du 72 ème anniversaire du massacre du pont Lasveyras le 16 février 2016.
Amicale des Familles et Amis
des Victimes du nazisme
en Limousin et Périgord
(A.F.A.V.)
La Mairie 24270 LANOUAILLE
FRANCE
Chers Amis,
Je dis Amis, parce que si nous sommes tous ici aujourd’hui c’est pour témoigner notre amitié aux Familles des victimes de la barbarie nazie et pour honorer la mémoire de ces jeunes gens qui ont donné leur vie pour la France.
Dans son discours du 16 février 2014, Monsieur Fritz KÖRBER, artisan du jumelage entre le Limousin et la Moyenne Franconie, la première personnalité allemande venue ici, invitée par l’A.F.A.V., a cité le philosophe français Gabriel MARCEL qui a écrit :
« C’est parce que les morts se taisent que tout recommence depuis le début ».
Aujourd’hui les Familles des victimes ont décidé de ne plus se taire et de vous présenter leurs proches tués ou faits prisonnier ici même.
Chers Amis, sachez que derrière les noms gravés sur cette pierre grise et froide il y avait la chaleur d’un foyer, l’amour de parents, le rire des sœurs et frères… il y avait tout simplement LA VIE !
Peut-être ces noms ne vous disent rien mais sachez qu’ils représentent toute la jeunesse française qui en 1944 a rejeté l’occupation allemande et la collaboration vichyste: il s’agit de neufs réfractaires de Périgueux, de trois de la Gironde, de deux frères originaires de la Normandie, de six réfractaires de la Haute-Vienne, de dix huit du nord de la Dordogne, de deux réfractaires d’Alsace, d’un réfractaire de la Charente, de l’Indre, de la Corrèze, et des Pyrénées Orientales.
Malheureusement, l’année prochaine vous trouverez un nouveau nom sur cette stèle : c’est celui de René Charles Alexandre CUMAZZI de Nancy (Meurthe et Moselle).
Dans divers documents il est mentionné soit 12, soit 13 ou même 14 déportés. Jusqu'à il y a 15 jours l’A.F.A.V. n’avait identifié que 12 déportés. Depuis, nous avons retrouvé dans les Archives des Tribunaux Militaires au Blanc dans l’Indre le répertoire des entrées et sorties des prisonniers, passés par 1 le siège de la Gestapo, impasse Tivoli à Limoges. Dans ce répertoire figurent les noms de 13 arrêtés au Pont Lasveyras y compris celui de René CUMMAZI.
De Limoges, René CUMMAZI est parti pour Compiègne et ensuite pour Mauthausen le 22 mars 1944 en même temps et dans le même train N° I.191 que René LAGUIONNIE, Léon Jean PROMY et Jean REMY. Ils sont arrivés le 25 mars dans un état d’épuisement tel que René CUMMAZI est décédé le lendemain, c'est-à-dire le 26 mars 1944.
René CUMMAZI a été déclaré « Mort pour la France » et son nom sera rapidement inscrit sur cette stèle.
Les Familles veillent sur la mémoire de leurs morts mais aussi sur la mémoire des Familles disparues à jamais après l’assassinat de leur fils : Il s’agit de la Famille de Paul BITARD, de Jacques DUBOUÉ, de Raymond GRANGER, de Max MADRONET, d’Henri PEYRAMAURE…
Sachez aussi que la mère de Maurice Damis a perdu la raison après l’assassinat, ici, de son fils le 16 février 1944 et l’exécution de son mari, sorti acheter le pain le 12 juin de cette même année au village des Piles !
Sachez aussi que la mère de Max Madronnet a perdu la raison après s’être rendue au camp de Mauthausen pour chercher son fils !
Sachez aussi que la mère d’André Dupuy, épuisée par le chagrin, n’a pas pu assister à l’enterrement de son fils !
Sachez aussi que la mère d’André Bartou ouvrait la porte dès qu’elle entendait un bruit en disant « c’est André qui revient ! »
Les Familles voudraient profiter aujourd’hui de l’occasion qui leur est donnée pour la première fois de prendre la parole pour remercier les propriétaires limitrophes ayant cédé, pour un franc symbolique, le terrain nécessaire pour la construction des parkings.
Elles voudraient surtout remercier tous les habitants des localités environnantes, tous ces anonymes, qui ont, en leur temps et malgré le contexte, aidé, nourri, soutenu et soigné leurs proches.
Nous remercions Monsieur Wilfried KRUG, Consul Général de la République fédérale d’Allemagne à Bordeaux, pour sa présence considérée par les Familles comme un hommage du peuple Allemand à leurs morts.
Merci !
Nikolina GRIMALT
Présidente de l’A.F.A.V.
Pont Lasveyras, le 16 février 2016
Discours de Nikolina GRIMALT, présidente de l’A.F.A.V. lors de la commémoration du 72 ème anniversaire du massacre du pont Lasveyras le 16 février 2016.
Amicale des Familles et Amis
des Victimes du nazisme
en Limousin et Périgord
(A.F.A.V.)
La Mairie 24270 LANOUAILLE
FRANCE
Chers Amis,
Je dis Amis, parce que si nous sommes tous ici aujourd’hui c’est pour témoigner notre amitié aux Familles des victimes de la barbarie nazie et pour honorer la mémoire de ces jeunes gens qui ont donné leur vie pour la France.
Dans son discours du 16 février 2014, Monsieur Fritz KÖRBER, artisan du jumelage entre le Limousin et la Moyenne Franconie, la première personnalité allemande venue ici, invitée par l’A.F.A.V., a cité le philosophe français Gabriel MARCEL qui a écrit :
« C’est parce que les morts se taisent que tout recommence depuis le début ».
Aujourd’hui les Familles des victimes ont décidé de ne plus se taire et de vous présenter leurs proches tués ou faits prisonnier ici même.
Chers Amis, sachez que derrière les noms gravés sur cette pierre grise et froide il y avait la chaleur d’un foyer, l’amour de parents, le rire des sœurs et frères… il y avait tout simplement LA VIE !
Peut-être ces noms ne vous disent rien mais sachez qu’ils représentent toute la jeunesse française qui en 1944 a rejeté l’occupation allemande et la collaboration vichyste: il s’agit de neufs réfractaires de Périgueux, de trois de la Gironde, de deux frères originaires de la Normandie, de six réfractaires de la Haute-Vienne, de dix huit du nord de la Dordogne, de deux réfractaires d’Alsace, d’un réfractaire de la Charente, de l’Indre, de la Corrèze, et des Pyrénées Orientales.
Malheureusement, l’année prochaine vous trouverez un nouveau nom sur cette stèle : c’est celui de René Charles Alexandre CUMAZZI de Nancy (Meurthe et Moselle).
Dans divers documents il est mentionné soit 12, soit 13 ou même 14 déportés. Jusqu'à il y a 15 jours l’A.F.A.V. n’avait identifié que 12 déportés. Depuis, nous avons retrouvé dans les Archives des Tribunaux Militaires au Blanc dans l’Indre le répertoire des entrées et sorties des prisonniers, passés par 1 le siège de la Gestapo, impasse Tivoli à Limoges. Dans ce répertoire figurent les noms de 13 arrêtés au Pont Lasveyras y compris celui de René CUMMAZI.
De Limoges, René CUMMAZI est parti pour Compiègne et ensuite pour Mauthausen le 22 mars 1944 en même temps et dans le même train N° I.191 que René LAGUIONNIE, Léon Jean PROMY et Jean REMY. Ils sont arrivés le 25 mars dans un état d’épuisement tel que René CUMMAZI est décédé le lendemain, c'est-à-dire le 26 mars 1944.
René CUMMAZI a été déclaré « Mort pour la France » et son nom sera rapidement inscrit sur cette stèle.
Les Familles veillent sur la mémoire de leurs morts mais aussi sur la mémoire des Familles disparues à jamais après l’assassinat de leur fils : Il s’agit de la Famille de Paul BITARD, de Jacques DUBOUÉ, de Raymond GRANGER, de Max MADRONET, d’Henri PEYRAMAURE…
Sachez aussi que la mère de Maurice Damis a perdu la raison après l’assassinat, ici, de son fils le 16 février 1944 et l’exécution de son mari, sorti acheter le pain le 12 juin de cette même année au village des Piles !
Sachez aussi que la mère de Max Madronnet a perdu la raison après s’être rendue au camp de Mauthausen pour chercher son fils !
Sachez aussi que la mère d’André Dupuy, épuisée par le chagrin, n’a pas pu assister à l’enterrement de son fils !
Sachez aussi que la mère d’André Bartou ouvrait la porte dès qu’elle entendait un bruit en disant « c’est André qui revient ! »
Les Familles voudraient profiter aujourd’hui de l’occasion qui leur est donnée pour la première fois de prendre la parole pour remercier les propriétaires limitrophes ayant cédé, pour un franc symbolique, le terrain nécessaire pour la construction des parkings.
Elles voudraient surtout remercier tous les habitants des localités environnantes, tous ces anonymes, qui ont, en leur temps et malgré le contexte, aidé, nourri, soutenu et soigné leurs proches.
Nous remercions Monsieur Wilfried KRUG, Consul Général de la République fédérale d’Allemagne à Bordeaux, pour sa présence considérée par les Familles comme un hommage du peuple Allemand à leurs morts.
Merci !
Nikolina GRIMALT
Présidente de l’A.F.A.V.
Pont Lasveyras, le 16 février 2016